J'ai littéralement trippé le jour où j'ai découvert que j'avais un certain pouvoir sur mon corps. Le pouvoir de l'altérer, de le modifier, de le rendre mien. Quand on a toujours été mal dans sa peau et que l'on découvre le moyen d'enfin s'aimer, dans ce cas ci par le biais des modifications corporelles, ni les commentaires déplacés, les regards louches ou les préjugés ne pourraient nous convaincre de nous séparer de ce qui nous amène a nous sourire dans le miroir à chaque matin.
At A Glance Author Cookie Contact Cookie@bme.anon IAM Cookie When A week ago Artist Efix Roy Studio D-markation Location Québec Le viol peut nous détruire, il peut nous tuer et même si l'on peut revivre, ces souvenirs stagnent trop longtemps au fond du cortex. Vous voyez mes modifications sont le fruit de maintes motivations différentes et toutes aussi importantes les une que les autres mais au fond je sais que ce qui m'a poussé vers le piercing génitale c'est la prise de possession de cette partie de mon corps. Après tout j'ai eu beau m'en sortir, renaître, revivre, call it as you want, j'avais toujours ce stigmate des agressions passées et par le piercing je reprenais enfin possession COMPLETE du corps qui avait été violé, vous voyez ?
Bref pour arriver dans le vif du sujet j'ai pris du temps à faire mon choix. Pour des raisons « x » j'avais une foutu chienne et toute une gène de me faire percer là. J'ai pris mon rendez-vous un mois à l'avance au studio D-markation à Québec, tant qu'à tromper mon perceur habituel j'ai pris le temps de faire les recherches appropriées afin de trouver un perceur compétent en qui j'aurais confiance. De plus Efix pratique d'autres modifications qui m'intéressent et j'y voyais une occasion en or de le rencontrer pour en discuter avec lui.
Je suis arriver à Québec deux heures à l'avance, le temps de bouffer un peu, question de ne pas avoir le ventre vide, et de faire le tour de quelques boutiques. Quand j'ai fini par prendre le chemin pour le D-markation j'avais l'estomac qui faisait cent tours, le moron qui a affirmer qu'avec l'habitude la peur s'envole était dans le champ.
Donc je rentre et je suis accueillie par la counter girl qui me fait signer les papiers, une première pour moi ! Bien que je savais que c'était une pratique courante elle n'est pas appliquée dans mon coin de pays et de toute façon au point où j'en suis je rentre dans mon studio de bodmod habituel comme dans mon salon. C'était un peu différent mais je m'y attendais.
Efix vient à ma rencontre, me salue et m'explique que ce ne sera pas bien long, le temps qu'il prépare son setting. Quelques minutes plus tard c'est à moi et je laisse mon copain seul sur la chaise pour me diriger vers la salle de perçage et pour la énième fois je sens tous mes organes internes former en une boule qui danse le disco dans mon abdomen. J'entre, une place nickel, très propre et vaste. J'aperçois les étriers et je me dis « bordel on dirait la table du gynéco. » Je discute un peu avec lui, question de faire passer la peur, j'enlève ma culotte et je m'installe. J'avais quand même pris la peine de porter une jupe pour ne pas me sentir complètement nu, et ce même si je déteste porter cette pièce de linge 100 fois trop féminine pour moi.
J'observe Efix, great ! On voit qu'il connaît son affaire, il est soucieux, organisé, professionnel et attentif. Il prend le temps de m'expliquer ce qui va ce passer, un coup installer il m'avertie de bien respirer, j'inspire, j'expire et BORDEL L'AIGUILLE PASSE ! La salope, ça fait mal. J'ai les jambes qui shakent dans les étriers. Le perceur se lève la tête et me demande si ça va, oui ça va, je ne me sens pas mal ou étourdie, j'avais juste pas penser que ce serait cette sensation et j'ai été assez saisie. C'est comparable aux seins mais les miens étant percés depuis plus de 2 ans j'avais relativement oublié cette douleur aigue et intense qui ne dure qu'une ou deux secondes.
La barbel passe, ouch, et puis ça va. C'est terminé, déjà. Dommage, je déteste avoir mal mais quand par la suite le repense à la douleur je sais que c'est le seul instant où je vie réellement et uniquement le moment présent, le seul instant où je me concentre profondément sur mon corps, ses sensations, ses réactions, ses limites et où je peux me recadrer avec ce dernier.
Finalement je me relève, je remet ma culotte et discute des soins avec Efix. Inutile de dépenser du papier pour moi, je connais bien les soins à apporter. Je le salue et je le quitte, je rejoins mon copain et ça y est je sors du studio, tous ça sans la moindre sensation désagréable. En fait par la suite les sensations sont plutôt agréable mais, bon, je n'étais pas sensé donc je ne vais pas m'en vanter... Belle place, bon perceur, bon perçage, week-end parfait ! Good luck girls !