J'ai rêvé d'un Prince Albert des années durant, mais je me suis toujours refusé ce plaisir pour diverses raisons : la peur de la douleur, bien sûr, mais surtout la crainte d'être jugé par mes partenaires comme un « déviant sexuel ». C'était là le poids d'une éducation religieuse extrêmement répressive que ma première expérience de piercing au sein gauche, deux ans plus tôt, à l'âge de 44 ans, avait commencé à apprivoiser.
At A Glance Author André Contact André@bme.anon When Six months ago Artist Pierre Studio Black Sun Studio Location Montréal, Québec Déjà, au moment de me faire percer le sein, j'ai fait part au perceur (le très sympathique et professionnel Pierre, du Black Sun Studio à Montréal, Québec) que je songeais à un Prince Albert. Environ deux ans après mon premier piercing, l'envie d'un anneau au bout de mon pénis est devenue une obsession : j'y pensais jour et nuit presque constamment depuis un mois ; je m'éveillais souvent au milieu de la nuit et j'avais des érections en m'imaginant la couronne de mon gland ainsi nimbée ; mais j'avais aussi de grandes peurs, celle surtout d'avoir des complications qui endommageraient les tissus et l'apparence de mon pénis s'il y avait déchirure ou infection. J'ai tenté de me convaincre que je n'avais pas besoin de ce piercing pour être heureux, mais rien à faire, il me manquait cet anneau d'acier pour finir de m'approprier ma sexualité.
Après de nombreuses recherches sur le net, ce sont les témoignages lus sur BME qui m'ont finalement rassuré, et quelques semaines plus tard je me rendais au Black Sun Studio sur la rue Saint-Denis afin d'avoir des réponses à mes questions et en espérant faire disparaître mes peurs. Pierre est toujours très détendu et « presque zen », ce qui contribue grandement à l'ambiance de détente et de bien-être qui règne dans son studio. Je lui ai fait part de mon vieux rêve d'avoir un Prince Albert, de mes peurs de la douleur, des dangers de blessures pour mes partenaires sexuels, la peur d'uriner tout croche, des infections, etc. Il m'a tout expliqué de A à Z et à la fin de notre entretien j'étais rassuré et prêt à passer à l'acte.
Comme Pierre était disponible à l'instant même, il me proposa de procéder au perçage immédiatement. Il me fit patienter une quinzaine de minutes dans une salle judicieusement aménagée pour la détente et le confort. Un aquarium géant agit comme catalyseur pour calmer la nervosité des peureux de mon espèce, et cela est très efficace.
Au moment d'entrer dans la salle de perçage, Pierre m'a demandé si j'acceptais que son apprenti nous accompagne pour voir le processus, ce que j'acceptai d'emblée. Avant même de commencer à préparer les instruments de travail, il me demanda de retirer mon pantalon et mon caleçon afin d'évaluer la grosseur de l'anneau. Je lui demandai si l'anneau devait être choisi en fonction du pénis en érection et il me répondit que oui, en partie, mais qu'il avait l'habitude d'évaluer le bijou en fonction de la physionomie (j'ai eu peur qu'il se trompe à cause de ma gêne et du froid qu'il faisait dans la pièce, mais il ne s'est pas trompé). Je suis donc resté ainsi, étendu sur la chaise longue en cuir, mon sexe au centre de l'univers, pendant qu'il introduisait une crème pour désensibiliser l'urètre, qu'il m'expliquait les tenants et les aboutissants de l'intervention et donnait des détails techniques à l'apprenti. Pierre prend mille précautions avec l'hygiène et la stérilisation et change de gants chaque fois qu'il touche un nouvel instrument. Au bout d'une quinzaine de minutes, il introduisit le tube dans l'urètre jusqu'au point où il passerait l'aiguille. Au moment de percer, il me demanda de respirer, et à l'expiration c'était déjà fait. C'est à peine si j'ai ressenti un picotement.
J'ai attendu qu'il insère l'anneau et qu'il le referme avant de regarder. Comme il m'avait prévenu que le sang pouvait être abondant (cela varie d'un individu à l'autre), je ne fus pas surpris de voir ma verge abondamment ensanglantée. J'ai ressenti une immense fierté en voyant l'anneau fermé par trois boules d'acier qui entrait par l'urètre et ressortait sous le gland. C'est assurément la plus grande expérience d'affirmation que j'ai jamais vécue. Tous les tabous de mon enfance sont sortis du plus profond de mon être par ce petit trou pratiqué au bout de ma verge. C'est exactement à ce moment que j'ai pris pleinement possession non seulement de ma sexualité, mais de l'intégrité de mon être tout entier.
Le sang a été abondant pendant environ vingt-quatre heures, puis les traitements proposés par Pierre ont permis une guérison complète en moins de deux mois. Les deux premières semaines, mon pénis était sensible, mais cela n'a jamais fait mal, au contraire, c'est comme si mon sexe devenait plus présent à mon esprit. Je n'ai ressenti aucune douleur au moment d'uriner, sauf peut-être la première fois et c'était tout de même facilement supportable.
Au cours des premiers mois, je n'ai pas ressenti de plaisirs particuliers lors des relations sexuelles, sinon une sensibilité accrue, mais avec le temps j'ai ressenti des plaisirs insoupçonnés en faisant tourner l'anneau et en faisant entrer les trois boules d'acier dans l'urètre lors de la masturbation. De même, lors des fellations, mon conjoint a l'heur de faire entrer ces boules dans mon urètre et le plaisir est décuplé lorsque les perles d'acier sont à l'intérieur de mon sexe et qu'il presse mon gland entre sa langue et son palais. Les périodes de plaisir sont alors beaucoup plus longues, plus intenses et plus nombreuses.
J'ai aussi connu un autre bienfait du Prince Albert lors d'une balade sur un site de camping nudiste. Le poids de l'anneau, quoique minime, tire sur le pénis pendant la marche et crée un effet inattendu et très agréable. Sans nécessairement provoquer une érection, la présence de ce poids a ramené mon sexe au centre de ma pensée, comme une caresse interne exercée par mon système nerveux et parcourant tout mon corps. À certains moments, dans les montées et les descentes abruptes, le mouvement du pénis est plus grand et le poids de l'anneau crée une sensation qui s'apparente à une infime décharge électrique au bout du gland. C'est divin !
Je n'ai aucun regret, si ce n'est de n'avoir pas fait faire ce piercing plus tôt. Je songe à me faire percer le sein droit et le scrotum. Ces expériences m'ont fait grandir et m'ont procuré de très grands plaisirs. Vivre d'abord pour soi c'est se permettre d'être heureux ! Les adeptes du piercing sont des candidats au bonheur!